Ergomotricité - Ergomotricite - ACTIS E&P
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Les attitudes posturales en manutention
ERGOMOTRICITE : des gestes efficaces et préservant durablement la santé
Le mal de dos (cervicalgies, dorsalgies, lombalgies) est dit-on la maladie du siècle. Nous ne le pensons pas, mais ce qui est sur, c’est que plus de 3 français sur 4 souffrent du mal de dos. Qui n’as jamais ressenti une douleur aigue et brutale le long de cette charpente dorsale, lors d’un mouvement parfois anodin.
On enregistre 14% des douleurs au niveau de la tete, 25% au cou et aux épaules, 57% au dos, 16% aux fesses, 15% aux bras, et 29% aux genoux. (Le total dépasse 100% car un nombre important de personnes ont plusieurs types de douleurs).
Nous réalisons des milliers de flexions par jour, c’est à dire plus d’un million par an. (Porter un enfant, une caisse, un cartable, un meuble, une valise, des skis, une planche à voile, des moellons, des sacs de ciment, des poubelles, sacs à provisions, un malade ect…….). Ces différentes flexions du tronc sont réalisées très souvent dans des positions plus ou moins correctes. Il est, en effet, considéré qu’une inclinaison en avant au delà d’un angle de 35° sans charge devient une prise de risque.
EXEMPLE D’UNE MESURE DES TENSIONS MUSCULAIRES EN FONCTION DE L’ANGLE D’INCLINAISON , SANS CHARGE.
0° d’inclinaison———–50 kg de tension musculaire
30° —- »—————–150 kg »
60° —- »—————–250 Kg »
90° —- »—————–300 KG »
Ces chiffres nous démontrent qu’il est important de ne pas incliné son dos de plus de 35 °
Comment faire par exemple pour lacer ses chaussures ?
Fléchir sur les jambes – mettre un genoux aux sol – mettre la chaussure sur un tabouret…..
Comment faire pour prendre un sac de provision au sol ?
Fléchir sur les jambes en respectant les principes de sécurité commentés ci-dessous.
Un autre exemple pour nous convaincre de ne pas incliné notre dos vers l’avant.
D’après Eklundh et Nachemson – Dans la position dite de « canne à peche – Flexion complète du corps » on enregistre une contrainte musculaire qui atteint 550 Kg., pour soulever une charge de 25 Kg. La compression inter-discale est supérieure au seuil de sécurité, soit 110 Kgf/cm2.
Par contre lorsque nous soulevons une charge de 25 Kg. jambes fléchies, la contraintre musculaire n’est plus que de 75 Kg. et la compression inter-discale de 5 Kgf/cm2.
Facile de comprendre que la seule solution est de limiter les flexions du tronc en avant, sur le coté et en arrière. D’ailleurs toutes les techniques sportives tiennent compte de ces paramètres. Comment se fait-il que les gestes de travail, de loisirs, de jardinage, etc… ne tiennent pas compte de ces recherches ?
Dans notre monde aux milliers de comportements physiques, il est important d’investir, des le plus jeune age, à la sécurité du dos. Ce mieux etre passe par l’apprentissage des gestes controlés, sécurisés et justes.
Respectons quelques principes de sécurité physique :
- SUPERPOSITION DES CENTRES DE GRAVITÉ – c’est à dire positionner le centre de gravité de la charge à celui de l’individu – Le centre de gravité de l’homme se situe au niveau du nombril.
- RECHERCHE DE L’ÉQUILIBRE EN AYANT DES APPUIS STABLES – positionner les pieds bien à plat en conservant un écartement égal à celui du bassin (entre 30 à 35 cm). EVITER d’avoir les pieds joints ou trop écartés.
- TRAVAIL PRIMORDIAL DES JAMBES – Les jambes sont les segments les plus puissants du corps, donc utiliser celles-ci le plus souvent possible pour soulever en sécurité une charge. Fléchir les jambes en formant un angle égal ou légèrement supérieur de 90° (Tibia- fémur). Le tibia doit etre parallèle avec la colonne vertébrale. ATTENTION l’appui unipodal entraine de très nombreuses lombalgies et à longue date des troubles arthrosiques à la hanche.
- FIXATION DE LA COLONNE VERTÉBRALE – La colonne thoraco-lombo-sacrée doit etre fixée par les haubans représentés par les muscles qui sont à la fois stabilisateurs et moteurs de la colonne vertébrale. Eviter tout relachement de celle-ci.
- ORIENTATION ET MOBILITÉ DES PIEDS – Les pieds doivent etre toujours orientés dans la direction du déplacement – Eviter les rotations du tronc ; pivoter sur les pieds, comme il est fait dans tous les gestes sportifs.
LA POSITION ASSISE N’ÉCHAPPE PAS À L’ÉTUDE DE MEILLEURS COMPORTEMENTS.
- Eviter de mettre les pieds sous la chaise, qui entraine rapidement des contractions des muscles ischios jambiers, qui eux meme entraine des basculements du bassin avec des cisaillements lombo-sacrés.
- Eviter de croiser les jambes qui entraine une mauvaise circulation, et parfois de l’arthrose coxo fémorale.
- Positionner le dos à la verticale en évitant de s’asseoir sur le bord avant.
- Tenir le dos vertical en maintenant les courbures naturelles de celui-ci.
Les normes AFNOR conseillent les sièges ergonomiques d’une :
- Hauteur d’assise de 38 à 56 cm.
- Profondeur de l’assise de 35 à 42 cm.
- Largeur de l’assise de 40 à 45 cm.
La hauteur du dossier est de 20 à 30 cm. sa largeur de 35 à 40 cm. avec une possibilité d’inclinaison de 20 à 25° en arrière.
Ces principes doivent etre appris des le jeune age. Il est très difficile de lire sans avoir appris la lecture, de faire de la musique sans avoir appris le solfège. Il est impossible d’utiliser son corps efficacement et en sécurité, sans la connaissance de celui-ci, et ses modes de fonctionnement. Dans 90% des cas l’homme confond le role d’un ligament avec celui d’un tendon. Faites un test : Demander le nom de 10 muscles, de 10 os. ? à votre voisin. Quel est le role du diaphragme, du psoas iliaque, des muscles abdominaux ? Vous serez surpris.
J’ai bien compris ce que vous dites M Dupuy. Vous avez parfaitement raison, les attitudes ne se retrouvent pas que dans les manutentions. Elles sont très importantes devant un plan de travail, un lavabo par exemple, un ordinateur, devant le volant de sa voiture, en marchant dans la rue. …… Dans tous les cas il faut respecter les grands principes.
Les mauvaises attitudes posturales sont le résultat :
- De la fatigue, au cours d’une journée ou d’une année trop chargée.
- De facteurs constitutionnels tels que l’hérédité, la morphologie individuelle, les troubles de la croissance, d’accidents……..
- De facteurs psychologiques, stress, relationnels, affectifs……
Pour lutter contre ces attitudes perturbatrices, facteurs d’accidents et de troubles musculo-squelettiques, il faut s’engager dans l’organisation de son milieu de travail et d’évolution et pratiquer un contrôle et une réeducation. Il faut inventer avec le sujet un geste controlé, juste et sécurisé.
Pour cela il faut :
- Déconditionner le sujet, l’opérateur par rapport à son geste parasite.
- Creer une attitude nouvelle, d’abord consciente, ensuite, automatique.
- Transférer ces nouvelles synergies dans un véritable faisceau d’habitudes contrôlés.
POUR ATTEINDRE CES OBJECTIFS NOUS PASSERONS PAR DES EXERCICES DE COMPREHENSION ANATOMIQUE DE LA MOTRICITÉ, D’APPRENTISSAGE ET DE RELAXATION.
- Rôle des masses musculaires, des jeux ligamentaires, et du système articulaire.
- Tonification des muscles de maintien…..
- Eviter les contraintes parasitaires, les facteurs de risques accidentels, qui trop souvent masquent les sensations profondes pour la reconstruction d’un nouveau schéma d’attitude.
- Assouplir, surtout chez les travailleurs de force, les raideurs musculo-ligamentaires.
- Liberer et coordonner les différents segments du corps (supérieurs, inférieurs, profonds).
- Réeduquer la fonction respiratoire, le rôle du diaphragme.
- Transférer cet ensemble de données dans un schéma d’attitude dans différentes situations dynamiques, tout en favorisant le contrôle du corps propre et l’organisation spatio-temporelle.
Réf : – « Gestes et Mouvements Justes ; Guide de l’Ergomotricité pour tous ». Michel Gendrier.
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L’habileté Manuelle
Dimanche, décembre 13th, 2009
« La main attachée à nos instincts procure à nos besoins, offre à nos idées une collection d’instruments et de moyens indénombrables » Paul valéry. C’est bien pour cela que nous devons en prendre soins. « Comment trouver une formule pour cet appareil qui tour à tour frappe et écrit, reçoit et donne, alimente, prete serment, bat la mesure,lit chez l’aveugle, parle chez le muet, se tend vers l’ami, se dresse contre l’adversaire et qui se fait marteau, tenaille, alphabet….que sais-je encore ?…..
Devant autant de fonctions nous comprenons que c’est la partie du corps la plus sollicitée, mais aussi la plus accidentée.
Grace aux nombreuses terminaisons nerveuses situées sous la peau, elle est le siège principal d’un des 5 sens : le toucher.
On estime que l’activité manuelle de notre économie et de 2 à 3 millions de tonnes manipulés chaque jour. Malgré les progrès de la mécanisation, 1/3 des accidents du travail ont pour origine la main. On les retrouvent dans les métiers – cuirs et peaux, du bois, du caoutchouc, papier-carton, et surtout le batiment. Les accidents les plus fréquents sont dus : aux organes de transmission (76,3%), aux objets en cours de manipulation (44,4%), des outils à main (73,6%), aux appareils de levage et de manutention (29,3).
Depuis que l’homme s’est posé des questions sur lui-meme, il n’a cessé d’etre intrigué par la différence entre les droitiers et les gauchers. Grace aux recherches sur le cerveau, nous comprenons mieux la relation de la main préférentielle et de la division du travail entre les deux hémisphères cérébraux. L’hémisphère gauche pense sur des modes linéaires, séquentiels et analytiques : ses outils sont les chiffres et les mots ; pour le plus grand nombre d’entre nous, c’est le langage. L’hémisphère droit pense de manière intuitive : relation spatiale et formes sont ses outils privilégies.
Quelques rappels physiologiques :
L’activité sensorielle consiste à la prise d’information sur le matériel à manipuler. Les récepteurs sensoriels captent les informations et les transforment en signaux convenablement codés, ensuite ils sont acheminés vers les centres nerveux décisionnels. Ceux-ci agissent sur le mouvement par l’intermédiaire des muscles.
C’est alors que l’activité motrice démarre en dégageant une énergie. Les articulations qui sont alors croisées par les muscles entrent en jeu. Grace au plan de coopération musculaire, cette action se fait de façon coordonnée assurant ainsi la réalisation de la tache fixée à l’origine.
Pour répondre de manière efficace à cette problèmatique il faut :
D’excellentes sensations de pression, de toucher. Ces récepteurs ont pour nom – « Récepteurs proprioceptifs » ils sont localisés dans l’organe meme qui va réagir (muscles,tendons, périoste, ligaments….). Sur les postes de travail il est important de tenir compte de l’environnement. Les récepteurs extéroceptifs localisés à la périphérie du corps recueillent les stimuli provenant de l’oreille, l’organe olfactif, la langue, la peau, les poils. Ce sont des réflexes de la vie de relation, de protection du corps à un agent extérieur. Nous le savons plus de 80 % des A. T. proviennent de très mauvaises informations des « extéro-propriocepteurs ».
Le relachement des masses musculaires, l’éducation et l’entretien de celles-ci,l’organisation de son milieu environnant et surtout de son poste de travail est une réponse importante à la diminution des A.T.
C’est en tenant compte de toute cette complexité que l’ergomotricien s’emploie à touver les réponses les plus sécurisées et les plus justes.
PROBLEMES POSES PAR LA LATERALITE
Les troubles de la latéralité : gaucherie ; gaucherie contrariée ; ambidextrie restent fréquents chez les opérateurs. Ces troubles sont souvent dus à : des troubles de la structuration spatiale, à des difficultés de parallèles, difficultés de dissociation segmentaire, et éventuellement à des difficultés de transcrire l’image de la Droite vers la Gauche, tout en tournant ses tracers ou ses coupes dans un sens dextrogyre (maroquinier). D’où des difficultés d’apprentissage sur les lieux de travail ou dans les centres d’apprentissages, qui impliquent le déroulement de la Gauche vers la Droite et la rotation des actions dans le sens sénestrogyre.
Les conduites motrices perceptivo-motrices peuvent être schématisés à trois niveaux, étroitement liés les uns aux autres.
- Le pouvoir : intégrité des organes moteurs et des conditions motrices.
- Le savoir : coordinations des diverses sensibilités, permettant le passage sur le plan physique.
- Le vouloir : en développant le plan de la conscience.
Il est bon de rappeler que l’organisation spatiale est les images corporelles s’édifient grâce aux impressions kinesthésiques, labyrinthiques et surtout visuelles dont la correspondance établit une unité capable de s’opposer ou de construire une action à chaque moment de l’espace.
Les difficultés rencontrées sont souvent dû :
- a) plan perceptif ou sensori-moteur.
- b) plan représentatif et complexité technique de la tâche à réalisé.
A cela le rythme de l’activité motrice vient jouer un rôle fondamental.
L’exercice rythmé doit être une réponse économique, sécurisée et juste ; en effet grâce à l’alternance des temps forts et faibles, (effort de relâchement), y trouvera un intérêt incontestable dans toute activité de travail. A cela il ne faut surtout pas penser que l’exercice rythmé, s’il demande moins d’effort intellectuel, il doit être détaché de l’esprit du mouvement qu’il exécute. Si le mouvement cadencé reste plus facile à exécuter, c’est qu’il exige moins d’effort de réflexion. Toutefois la fatigue est croissante en fonction de la complexité de la tâche neuromusculaire. et avec l’accroissement de la concentration de l’attention sur le geste. Il est donc nécessaire de faire au bout d’un certain temps (2 heures maxi) des exercices de compensation.
Le véritable intérêt de l’activité rythmée en « ergomotricité-psychomotrice » c’est de favoriser, par l’analyse des gestes et des mouvements, la suppression des contractures dues à une activité volontaire mal contrôlée.
LES OBJECTIFS :
Recréer les sensations :
- Affiner, les perceptions des organes sensoriels,
- Etablir, des rapports entre les perceptions, à condition qu’elles soit contrôlés, sécurisés et justes.
- Percevoir, dans différentes formes de la mémoire (kinesthésique, tactile, auditive, sensorielle,visuelle), des sensations de plus en plus différenciées.
- Vérifier, que l’empreinte laissée par les organes des sens soit juste et adaptée à l’activité de l’opérateur, du matériel à utiliser, et à l’objectif à atteindre.
- Diminuer, les contraintes musculaires et les Troubles Musculo Squelettiques. (T.M.S.)
Voir ouvrage « Gestes et Mouvements justes - Guide de l’Ergomotricite pour tous ».




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