Ergomotricité - Ergomotricite - ACTIS E&P
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Essai de définition de l'Ergomotricité
ERGOMOTRICITE : des gestes efficaces et préservant durablement la santé
Publié par Michel GENDRIER dans Définitions · 7 Décembre 2012
Tags: ErgomotricitéDéfinition

Dans les années 1980 Michel Gendrier, définit que les Activités Physiques Contrôlées, Sécurisées et Justes (APCSJ) deviendront une discipline Ergomotrice. Cette discipline est fondée sur l’observation des gestes et des postures de travail. Elle cherche à répondre aux problèmes liés à l’activité physique de tous les jours. Elle met en valeur l’intérêt d’une pratique physique adaptée au geste utile et propose d’étendre son analyse à toutes les circonstances de la vie quotidienne, du sport et des loisirs. L’Ergomotricité n’est pas une technique réparatrice, c’est une culture de prévention ,de protection de l’homme. Elle n’a aucun rapport avec le « Sport spectacle » loin des stades , elle n’est pas sous l’influence du dopage, elle se pratique chez soi, au travail, en prévenant le corps en mouvement des agressions physiques du milieu environnant. C’est un vrai comportement « Bio-moteur » ou une « Eco-motricité ». C’est une véritable science écologique qui étudie et apporte des réponses sur les comportements, sur les relations physiques des hommes entre eux, et avec leur milieu d’évolution. L’Ergomotricité à pour objectif d’éliminer tous les gestes inutiles, perturbateurs consommateurs d’énergie, ralentisseurs d’efficacité, et facteurs d’accidents musculo-squelettiques (T.M.S.)
L’Ergomotricité est l’ensemble des pratiques motrices considérées comme une activité de travail. Ces conduites motrices ne sont pas prises en compte par les instances éducatives (Les profs de gym en particulier). Pourtant cette non prise en compte coûte aujourd’hui en France des centaines de milliers d’accidents et des milliards d’Euros. L’Ergomotricité représente à elle seule plus de 90% des mouvements de l’homme qui sont consacrés à une activité physique de travail. Dans notre monde moderne seulement 10% des mouvements et des gestes sont consacrés à des activités de loisirs comme le sport, le bricolage, aller au cinéma, ect…Ce néologisme devient un véritable concept : remettre l’homme au centre de la société de travail, du système de production et de la qualité de vie tout en le préservant.
Envisagées essentiellement sous l’angle de la mise en jeu corporelle d’attitudes et de gestes justes, elles sont susceptibles de traduire des situations émotionnelles ou physiques. L’Ergomotricité favorise les apprentissages, les transferts des savoir-faire et montre l’importance des données informationnelles. Au-delà de la gestuelle, elle porte un très grand intérêt à l’analyse des tâches, à l’organisation du milieu, des espaces, des déplacements, et à la maîtrise de l’environnement physique. Elle apporte une véritable réponse à l’adaptabilité de l’homme à son milieu de travail en augmentant la qualité gestuelle et tout en diminuant la fatigue, et les accidents du travail (T.M.S.). L’Ergomotricité doit être pratiquée par un technicien spécialiste de l’analyse et de la conception du geste contrôlé, sécurisé et juste. Dans tous les cas l’ergomotricien devra avoir une formation universitaire et un passé important (plus de cinq ans) en milieu du travail. Il est le professionnel, spécialiste de l’analyse du milieu et des comportements physiques.
Grâce à une pédagogie participative avec (opérateurs, chefs d’ateliers, responsables de production…) l’ergomotricien amène l’opérateur à faire sur le poste de travail une analyse mentale de la technique de travail, et de l’organisation spatiale de sa propre motricité. Il doit-être capable d’agir sur les variables de la tâche, de l’environnement et les stratégies sociales tout en structurant le corps et en le formalisant. En proposant des activités physiques de compensations spécifiques il doit être capable : d’apporter par une amélioration perceptivo-motrice (attention, équilibration, coordination, structuration spatio-temporelle) controlée, sécurité et juste. Apporter une ou plusieurs réponses et un certain nombres de correctifs à toutes les situations de travail. En s’inscrivant constamment dans un processus d’adaptation sécuritaire, l’Ergomotricien intervient dans le domaine du relationnel, de l’affectif et du social. Pour atteindre ces objectifs, il est très souvent nécessaire de passer par un processus de désadaptation, c’est à dire de rompre avec le geste et les process habituels – même s’ils affectent provisoirement l’acquisition de tout nouveau comportement.
DIFFERENTS PARAMETRES D’OBSERVATIONS
-Comment le travailleur se « voit » comment il « exécute » son travail par rapport à son schéma corporel ? – Comment le travailleur « voit » son poste de travail. Comment il se « situe » par rapport à ce qu’il voit, par rapport à son milieu professionnel, par rapport aux autres ? Comment le travailleur « pense » son travail, comment il « agit » par rapport à ce qu’il pense, comment se différencie de sa machine ?
Les poste de travail, sont trop souvent conçus sans tenir compte de ce qui se passe en aval et en amont de la fabrication. Seul le geste professionnel est considéré, à tort, comme acte de production. L’ergomotricien spécialiste des comportements, analyse et intervient pour réguler l’ensemble de ces données. Il agit sur la perception, l’identification du milieu dévolution de l’opérateur, pour organiser, mémoriser, et partager les résultats des savoirs. Après ces différentes analyses motrices, il conceptualise et aménage un nouveau poste de travail tout en permettant au travailleur, un « grand angle » de travail d’observation et un champ important d’évolution.
On enregistre aujourd’hui 3 niveaux d’intervention :
-1) LE POSTE DE TRAVAIL est très souvent un milieu trop standardisé, banalisé, sécurisé, ou l’acte l’acte moteur se déroule dans un cadre immobilisé, avec des enchainements programmés avec la création induite de stéréotypes psychomoteurs très performants. Le comportement y est très souvent automatisé. On enregitre un (Taux de fréquence d’accidents, faible mais avec un taux de gravité d’accidents important). Le travailleur se trouve en situations psychomotrices marquées par l’absence de communication praxiques importantes.
-2) PERIPHERIE DU POSTE DE TRAVAIL aussi bien en aval qu’en amont de l’opération, l’absence d’aménagement du milieu et les interactions sociomotrices sont un lieu des causes accidentelles (Taux de fréquence d’accidents important, taux de gravité moyen) le milieu est en mouvement et peu sécurisé. L’opérateur se trouve en situations sociomotrices importantes marqués par la présence de communications praxiques. Il est en recherche constante d’informations, il doit évaluer, scruter le milieu qui l’entoure et doit trouver des indices pertinents qui lui permettront d’adopter la meilleure stratégie d’action. Il agit trop souvent avec des automatismes préalablement utilisés. Il s’adapte mal aux fluctuations du milieu. L’accident y est grave et très fréquent. On y rencontre surtout des accidents du travail liés au déplacement et à la manipulation.
- 3) HORS DU POSTE DE TRAVAIL L’opérateur est éloigné de son poste de travail, il pénètre dans milieu inhabituel fait d’incertitudes. Il est privé d’actions stéréotypées, il se trouve en situation de communication directe. Ce milieu à risques l’oblige à etre plus vigilant, il invente maladroitement une nouvelle analyse motrice qui devient à son tour accidentelle. Le risque d’accident se manifeste précisément lorsqu’il y a rupture entre le corps et le milieu. Le rythme d’autorégulation est perturbé et il y a relachement du système de perception et de la transmission des stimuli.
Cette démarche conceptuelle en milieu du travail apporte un intéret particulier à l’analyse des tâches, à l’étude des apprentissages, des transferts d’habileté, ainsi que des savoirs faire. Elle met en évidence l’importance des données informationnelles ainsi que l’analyse des contraintes de temps et d’espace de l’opérateur.
En s’appuyant sur la recherche fondamentale et surtout sur la recherche appliquée l’ergomotricien, doit intervenir sur les lieux de travail, en faisant une évaluation, un diagnostic tout en construisant un projet. Une fois ce projet réalisé, il aura le devoir de contrôler et de réévaluer le travail effectué. C’est bien ce type de démarche que nous avons mis en place dans des milliers d’entreprises. Exemple dans une maroquinerie : notre étude a porter sur l’étude de la coordination neuro-motrice spécifique à cette profession. Elle nous a permis de mettre en relation les postures avec la faculté de relaxation, et d’inhibition volontaire. « Impulsion – inhibition ». Dans ce cas il s’agit bien, d’une même fonction qui régule les – centres d’actions et les membres supérieurs – sur les centres d’actions et les membres inférieurs – et vis versa. Ce sont là, les deux faces d’un même phénomène psychophysiologique qui est la traduction organique de la volonté. Même lorsque le tonus est perturbé et n’as pas suivi d’évolution, il est toujours possible par l’intervention dirigée de la conscience d’amener progressivement l’opérateur, à la résolution musculaire.
Depuis de très nombreuses années l’observation du monde du travail nous a permis malheureusement de constater un appauvrissement des pratiques motrices. Hormis quelques domaines comme l’artisanat et l’agriculture ou il est encore possible de faire preuve de créativité gestuelle. Le monde du travail dans sa spécialisation, standardise et rationalise les comportements moteurs en simplifiant à outrance le geste.
L’Education physique, devenu Education physique sportive ne répond plus aux nécessités de la vie courante. Cet enseignement mal dispensé ne prépare ni à la vie, ni aux métiers. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y aura pas de tranfert de l’apprentissage sportif vers d’autres familles gestuelles, telles que le travail et la vie quotidienne. A l’inverse, l’éducation ergomotrice prend en compte globalement le corps, donne une cohérence aux mouvements et aux postures contrôlées, sécurisées et justes.C’est un facteur de réussite, de santé durable pour l’homme.
Nous pouvons aisément constater à quel point ce langage technique nous fait défaut. Nous avons constatés, par exemple que dans l’apprentissage des distances, combien de personnes sont capables d’apprécier une distance ? En répercussion immédiate à ce problème, posons-nous la question de savoir combien d’automobilistes sont capable d’interpréter un panneau « Stop à 150 mètres ». Combien vont surévaluer la distance de freinage, combien d’autres vont la sous-estimer. Comment vont-ils adapter la vitesse de leur véhicule en fonction de leur perception des distances et de la vitesse de déplacement ? Nos statistiques ont montrés que seulement 15% des conducteurs font une erreur inférieure à 10% et que dans 55% des cas les conducteurs font une erreur supérieure à 60%. Ceci explique, peut-être, le nombre important d’accidents de la route. Qui est capable d’apprécier le poids d’une charge ? La finesse d’un produit ? Une vitesse de déplacement. A méditer ?
C’est la disparition de ces grands fondamentaux qui nous interroge., qui sont la cause de nombreux accidents corporels. Nous nous empâtons, notre corps perd sa résistance, nous ne mesurons plus ce qui nous entoure, ni les formes, ni les distances, ni les poids, ni les volumes. Nous n’avons perdu l’attitude sécurisé face à une charge à soulever.
Comment alors répondrons-nous aux exigences de notre environnement, quelles seront nos stratégies d’adaptation, seront-elles appropriées aux situations qui se présentent à nous ? Oui nous le ferons certainement, comme par le passé, mais avec un temps de retard de plus en plus long. Ce temps retard, cet espace d’adaptation est un grand temps accidentel. C’est aujourd’hui, notre motivation – DIMINUER CE TEMPS D’ADAPTATION.




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